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Le vêtement constitue l’une des composantes esssentielles de la sensualité tanguera Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Editeur : La Salida n°19, juin-septembre 2000

Auteur : Martine Peyrot

Qu'est ce que je mets ce soir ? Le vêtement constitue l'une des composantes esssentielles de la sensualité tanguera

Pour retrouver cet article, cliquer sur lien suivant : http://www.chez.com/lasalida/, puis la salida n°19, puis mode.

Illustrations extraites du livre "¡ tango !" ed. de la Martinère

21h00, je suis en retard, l'armoire est grande ouverte, quelques robes sont étalées sur le lit... Flûte alors, il n'y a rien qui me plaît ce soir..... beaucoup de noir, pas mal de jupes fendues, des pantalons larges, eh oui , si on veut pouvoir " gancher ", c'est préférable ! des petits hauts à dentelle, jouant la transparence coquine, quelques décolletés futés, des dos nus ( pas trop de dos nus, les hommes peuvent détester poser leur main directement sur la peau !)... bref, ce soir c'est le casse-tête ! Et pourquoi pas le jean ! ! ! !

Mais comment faisaient-ils autrefois, les danseurs, se préoccupaient-ils de leur tenue vestimentaire, calculaient-ils certains effets, avaient-ils envie de séduire, hommes ou femmes ?

Bien sûr ! Le tango a toujours été une danse de la séduction par excellence ! Lorsque l'on découvre les cartes postales des années 1910 à 1920, représentant des danseurs de tango, on s'aperçoit combien la manière de s'habiller à cette époque fut raffinée, passionnée et parfois très suggestive.

Les années tangomaniaques à Paris et en Europe furent les années 1913 à 1915. C'est à cette époque là, que le tango entra en force dans les salons, comme un ouragan. Un peu après l'arrivée des ballets russes de Serge Diaghilev, avec dans leur sillage, de nouvelles sensations venues d'Orient, des couleurs, des parfums, la redécouverte de la sensualité, libérant ainsi toutes sortes d'inhibitions. Puis d'autres danses firent leur apparition, d'autres rythmes aussi, apportant à ceux qui les dansaient une nouvelle forme d'expression et de liberté de mouvements..

Tout alors est Tango ! Il y a des thés tango, un cocktail tango (bière et grenadine), des conférences, des réceptions, des diners tango et même un train qui allait à Deauville, aux beaux jours, qui s'appelait le Train du Tango !

Et la mode, alors ? La Couleur Tango est inventée. On pourrait penser à du rouge, et bien pas du tout : ce fut une couleur allant du jaune pâle au safran, en passant par l'orangé. On raconte qu'un marchand de soie ne sachant que faire d'un vieux stock de satin jaune orangé invendu et abîmé, le mit sur le marché sous le nom de "Couleur Tango" ! Le stock disparut en un rien de temps, et tous les marchands de tissus se mirent à faire de même, en reprenant plus ou moins la teinte.

On créa aussi la blouse tango, chemisier fait d'une seule pièce ayant une seule couture allant de l'épaule au poignet. Elle était faite de soie ou de satin, avait les manches longues bordées de fourrure ou de cygne noir. Blouse idéale pour danser et faire des effets de manches....On a inventé également à cette époque, le corset tango, le parfum tango et la ... culotte tango : un genre de culotte faite d'une seule pièce fendue sur les côtés pour permettre de plus amples mouvements de jambes. Les chaussures se firent plus pointues pour accentuer les mouvements de pieds et s'ornèrent de rubans croisant sur la cheville. Mêmes les chapeaux s'adaptèrent au tango : pour éviter d'éborgner son partenaire, l'aigrette se planta désormais verticalement et non plus horizontalement et tous les chapeaux se portèrent bien droit et bien enfoncés sur la tête.

La mode du drapé demeura, mais la taille remonta afin de bien donner de l'aisance pour faciliter les grands mouvements. Par dessus la jupe en drapé, on portait des sur-jupes ou des tuniques, recouvrant discrètement et avantageusement les hanches. Plus révolutionnaire encore et plus audacieux, Paul Poiret, grand couturier de cette époque, lança la jupe culotte dès 1911. En 1913, il créa les costumes de la pièce de Jean Richepin "Le Tango ", dont le magnifique pantalon de harem porté avec une sur jupe. Une ode à la féminité....

Les hommes ne furent pas en reste : ils portèrent, eux, le "Fumadero tango", un genre de smoking argentin, dont la veste, plus ample, permettait les mouvements de tango.

Une bien jolie époque pour le tango, où les tenues vestimentaires raffinées affirmaient féminité des unes et masculinité des autres. Et tellement différente de l'époque 1900-1910 à Buenos Aires, où le tango se dansait dans les faubourgs. Dans ces quartiers là, point d'aigrettes et de couleur tango. Les compadritos dansaient dans une tenue désinvolte, chapeau gris, foulard autour du cou, bottines à hauts talons et ....couteau dans la ceinture ! Et dans ces quartiers où la prostitution était omniprésente, point non plus de " thés tango " !

Nous pourrions ainsi passer en revue toutes les époques où le tango a vécu, depuis sa naissance jusqu'à nos jours : chacune a une mode bien à elle, courte, longue, ample ou cintrée.

 Laquelle préférez-vous ? Difficile à dire. Le tango n'est-il pas une danse qui se vit de l'intérieur, une écoute de l'autre, une recherche permanente de l'harmonie et de l'équilibre des deux corps et des deux âmes ... le temps d'une danse. C'est aussi une danse de la liberté, liberté d'interprétation, liberté d'improvisation, liberté de jouer avec les rythmes de la musique, les mélodies de chaque instrument...

Cela voudrait-il dire que chacun est libre de s'habiller comme il l'entend lorsqu'il danse le tango? Oui évidemment ! Mais ne trouvez vous pas dommage, que le tango, suprême danse de la sensualité, se danse parfois, aujourd'hui, en baskets, en tee shirt informe et jeans sans ourlets ! C'est un peu le paradoxe du tango, à mon sens, une danse de la liberté, et à la fois de la tradition

Alors, baskets ou talons aiguilles? jupes fendues frangées ou pantalons de toile trop larges? sobriété ou décoration de Noël? Le tango, ne poursuit-il pas, tout simplement, sa course à travers le temps, indestructible, et profondément vivant ? Ancré dans la société qu'il fait vibrer, ici et maintenant?

Martine Peyrot


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