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Divagations sur le Swing, Beethoven et Pugliese Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

ImageEditeur : La Salida n°43, avril-mai 2005

Auteur : Fernando Albinarrate

Divagations sur le Swing, Beethoven et Pugliese
 
Depuis que la musique existe, le rythme occupe une place prépondérante dans son élaboration. Dans ses conférences de Harvard, Leonard Bernstein dit que, si nous assimilions la musique au langage, le rythme y tiendrait le rôle du verbe dans la phrase : déterminer l'action, la placer dans l'espace et dans le temps, lui donner une durée. Juan aime María, Juan aimait María, etc.

Dans le language écrit, il existe de nombreuses façons de "dire" cette action : exclamations, interrogations, suspensions, et au théâtre, indications scéniques. En musique, beaucoup de compositeurs ont joué avec le rythme (notre "verbe" musical) de manière à lui donner des accentuations et des nuances diverses (...).

Un des génies du rythme fut Beethoven, qui n'hésitait pas à accuentuer les temps, les mesures ou les notes faibles, parvenant ainsi à ce que des éléments prévisibles se transforment, par le simple fait d'un point d'exclamation statégiquement placé, en remarquables nouveautés sonores.

Avec le jazz, naît aussi le concept de Swing. Normalement, dans une mesure à quatre temps, le premier temps est fort, et les autres faibles, à l'exception du troisième où la pulsation est légèrement accentuée (accent d'expression). Le Swing invente des accents sur les second et quatrième temps, à l'aide de syncopes et de contretemps. La basse marque de manière continue les accents naturels (premier et troisième), tandis que la batterie et la main droite du piano, autres autres, accentuent les temps faibles dans les registres médian et aigu.

Allons maintenant vers ce génie de la rythmique tanguera qu'est Osvaldo Pugliese : un prodige de l'art de modifer, accuentuer, surprendre et de faire parler le rythme dans le tango. Dans La Yumba, par exemple, Pugliese utilise le Swing, c'est-à-dire l'accentuation "fausse" des 2ème et 4ème temps, mais son innovation consiste à faire jouer ce rôle aux notes graves du piano, transformant ainsi le clavier en instrument presque percussif. Quant aux temps vraiment forts (1er et 3ème), ils sont accentués de manière incisive par le reste de l'orchestre, bandonéons en tête. L'effet d'étirement qui se produit ainsi est fantastique, les graves du piano dans les temps faibles faisant ressortir les contretemps et les anacrouses , donnant ainsi une puissance accrue aux temps vraiments forts. Le secret n'est pas tant dans les accents, puisqu'à la fin tout est accentué, mais dans les caractéristiques différentes de chaque type d'accent. Ceci est obtenu  grâce à deux éléments : d'une part, un changement de registre, les graves du piano marquant les temps faibles et les bandonéons les temps forts ; d'autre part, la durée des temps : les graves du piano sont en effet larges et amples, tandis que les attaques des bandonéons dans les temps forts sont courtes et incisives. De là vient cette sensation d'étirement, un temps grave et long alternant avec un temps court et incisif.

Par dessus tout, Pugliese domine les syncopes, les ralentissement expressifs, le retour à une pulsation rythmique lancinante après une suspension du tempo, ou encore les contrastes entre une ligne mélodique chantante et des accompagnements rythme très sec.

La rythmique de Pugliese nous fait ainsi don d'un tango sensuel, plein de vie et d'énergie. Loin de la mélancolie que considérons parfois comme une partie intrinsèque du tango, Pugliese se divertit et nous divertit, alimente la gaieté et la vitalité d'un couple de danseurs, le jeu, l'érotisme, la complicité et l'enthousiasme. Et ceci sans perdre en profondeur et sans alterer le genre, ce qui est promodial. Ce dont Pugliese nous parle dans ses tango, c'est le moment où Juan aime María. D'autre viendront nous parler de la tristesse de Juan lorsque María l'aura abandonné. Mais, en ce moment, Juan y María sont en train de danser La Yumba.
  

                                                                                                  Fernando  Albinarrate
(traduction de Fabrice Hatem)

Pour en savoir plus sur Pugliese : http://fabrice.hatem.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=834&Itemid=46 

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